Selon le communiqué final publié par la Présidence de la République, le chef de l'État a fait état, lors du Conseil des ministres du vendredi 20 juin 2025, d'un manque à gagner cumulé de plus de 1 000 milliards de FCFA en trois ans lié aux exonérations fiscales, dont 682,67 milliards en fiscalité intérieure et 376,55 milliards en fiscalité de porte. Il a décidé la suspension immédiate et conservatoire de toute nouvelle exonération pendant trois mois, le lancement d'un audit de tous les régimes fiscaux et douaniers dérogatoires et la réforme de leurs conditions d'éligibilité.

Le président a aussi demandé que les entreprises réalisant d'importants chiffres d'affaires au Gabon construisent leur propre siège social, dans une zone foncière attribuée par l'État, sous dix-huit mois à compter de l'attribution, sous peine de sanctions. Le ministre d'État chargé de l'Économie a précisé qu'à compter du 1er janvier 2026, toute entreprise immatriculée au registre du commerce, à l'exception des PME dont le chiffre d'affaires est inférieur à 2 milliards de FCFA, devra ériger ou acquérir un immeuble pour abriter son siège.

Le Conseil a en outre réaffecté plusieurs tutelles : l'Autorité administrative des zones économiques à régime privilégié (ZERP) de Nkok et de la zone franche d'Ikolo-Lambaréné passe sous le ministère de l'Industrie et de la Transformation locale, la SOCOREP sous celui des Travaux publics, et l'AGADEV sous le ministère de l'Environnement. Il a pris acte de la suspension pour six mois des droits et taxes à l'importation sur des produits alimentaires de première nécessité à Libreville, Akanda, Owendo et Ntoum pour les détenteurs de l'agrément « vie chère », et le chef de l'État a demandé une sortie progressive de la gratuité des transports urbains publics, jugée financièrement intenable pour Trans'Urb et la SOGATRA.