Le rapport part d'un constat : le principal défi du Gabon est de parvenir à une croissance plus soutenue, créatrice d'emplois, pour préparer l'économie de l'après-pétrole. Le pays joue un rôle important dans l'atténuation du changement climatique grâce à ses forêts, mais il reste exposé : les projections tablent sur un réchauffement moyen de 1,34 °C au milieu du siècle et sur une mer plus haute d'environ 0,2 mètre, avec des effets sur les littoraux de Libreville et de Port-Gentil.
Deux scénarios de croissance
Dans le scénario de statu quo, le PIB progresserait d'environ 2,4 % par an entre 2025 et 2050, pour un PIB par habitant de 11 000 dollars en 2050 et un taux de pauvreté de 10,2 % (seuil de 6,85 dollars par jour). Dans le scénario de réformes (gouvernance, climat des affaires, accès au crédit, infrastructures, diversification), la croissance atteindrait environ 4,7 % par an, le PIB par habitant 20 000 dollars et le taux de pauvreté 1,8 % en 2050. Les pertes annuelles liées au climat resteraient toutefois comprises entre 3,1 et 4,8 % du PIB dans ce scénario, car la diversification porterait sur des secteurs exposés comme l'agriculture, le bois et la pêche.
Adaptation
Le stress thermique pèserait d'abord sur la productivité du travail ; viennent ensuite les rendements agricoles, les infrastructures endommagées et la progression de maladies liées au climat. Selon le rapport, des mesures d'adaptation ciblées (équipements de refroidissement, cultures résistantes à la chaleur, irrigation, réhabilitation des routes, zonage urbain et côtier, protection contre les inondations) pourraient ramener les pertes de 5,3 à 3,8 % du PIB, pour un coût estimé à 0,09 % du PIB par an jusqu'en 2050 et un gain net annuel de 1,5 % du PIB à cet horizon.