Le document rappelle que les forêts gabonaises contenaient plus de 8,1 milliards de tonnes de carbone en 2020 et que plus de 95 % des services écosystémiques qu'elles fournissent relèvent de la régulation du climat mondial, une valeur dont le Gabon ne capte aujourd'hui qu'une faible part. Selon le rapport, les résultats de réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts (REDD+) du Gabon dépassent déjà 90 millions de tonnes d'équivalent CO₂ pour 2010-2018.
Le programme juridictionnel REDD+ soumis à la norme ART-TREES couvre environ 23,5 millions d'hectares de forêt pour la période de comptabilisation 2018-2022. La loi climat de 2022 prévoit des échanges de crédits carbone, mais ses décrets d'application, un registre national du carbone et une autorité nationale désignée pour les transactions au titre de l'article 6 de l'Accord de Paris restent à mettre en place. Le rapport relève aussi des chevauchements de rôles entre le Conseil national climat, le Fonds gabonais d'investissements stratégiques et l'Agence gabonaise de développement de l'économie verte (AGADEV).
Parmi les priorités identifiées figurent l'adoption des textes d'application, la création d'un registre et d'un guichet unique du marché carbone, la définition des droits carbone et des mécanismes de partage des bénéfices avec les communautés, et des règles d'emboîtement permettant d'intégrer des projets privés dans la comptabilité juridictionnelle.