Analyse sectorielle / Bois et transformation du bois
Forêt et bois : une ressource à transformer sur place
La forêt couvre 91 % du territoire et son recul reste limité. Depuis l'interdiction d'exporter les grumes en 2010, la filière s'est réorganisée autour de la transformation locale, dans un contexte de rentes modestes et d'exigences croissantes des marchés.
Contexte
La forêt couvre plus de 90 % du territoire gabonais. Elle fournit le bois d'œuvre exploité par l'industrie forestière et joue aussi un rôle pour la biodiversité et le stockage du carbone. La politique forestière repose sur la loi n°016/01 du 31 décembre 2001 portant code forestier, qui organise la gestion des forêts, les titres d'exploitation et la participation des communautés.
Le tournant majeur de la filière date de 2010. Décidée en Conseil des ministres le 5 novembre 2009, l'interdiction d'exporter des grumes, c'est-à-dire des troncs non transformés, est entrée en vigueur le 15 mai 2010. Depuis, tout le bois récolté doit être transformé au Gabon avant d'être exporté.
Textes de référence
-
Code forestier
Loi n° 016/01 du 31 décembre 2001 portant code forestier en République gabonaise
Chiffres clés
Selon la Banque mondiale, qui reprend les évaluations des ressources forestières de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), la forêt couvrait 234 950 km² en 2023, soit 91,2 % de la superficie terrestre. Les concessions forestières sous aménagement durable (CFAD) représentaient environ 13,3 millions d'hectares en 2020 selon le Timber Trade Portal, soit un peu plus de la moitié de la surface forestière. S'y ajoutaient environ 1,5 million d'hectares sous conventions provisoires d'aménagement, d'exploitation et de transformation (CPAET) au début de 2020.
Forêt et bois
Superficie forestière (% du territoire)
91,2 %
2023
Source : Banque mondiale
Superficie forestière
234 950 km²
2023
Source : Banque mondiale
Rentes forestières
2,6 % PIB
2021
Source : Banque mondiale
Part des matières premières agricoles dans les exportations
3,9 %
2023
Source : Banque mondiale
Cadre de la filière
Interdiction d'exporter les grumes
15 mai 2010
2010
Concessions sous aménagement durable (CFAD)
13,3 millions d'hectares
2020
Surface maximale d'une forêt communautaire
5 000 hectares
2020
Tendances
Un couvert forestier stable, un recul qui s'accélère légèrement
La surface forestière est passée de 237 616 km² en 1990 à 237 000 km² en 2000, 236 494 km² en 2010, 235 306 km² en 2020 et 234 950 km² en 2023. La perte cumulée, environ 2 670 km² en 33 ans, représente un peu plus de 1 % de la forêt de 1990. Le rythme annuel implicite a toutefois changé : environ 62 km² par an dans les années 1990, 51 km² dans les années 2000, puis 119 km² par an entre 2010 et 2020. Ces séries sont interpolées entre les années d'évaluation de la FAO et doivent être lues comme des tendances plutôt que comme des mesures annuelles.
Des rentes forestières modestes et variables
Les rentes forestières calculées par la Banque mondiale, c'est-à-dire la valeur du bois récolté diminuée des coûts, se situaient entre 3,7 % et 4,7 % du PIB entre 1995 et 2003. Elles ont reculé à 2,0 % en 2010 et 1,5 % en 2011, au moment de l'entrée en vigueur de l'interdiction d'exporter les grumes, puis sont remontées entre 2 % et 3,3 % du PIB depuis 2012 (2,65 % en 2021, dernière année disponible).
Couvert forestier
Superficie forestière en % du territoire
Superficie forestière (% du territoire) (Gabon) passe de 92,2 % en 1990 à 91,2 % en 2023.
| Période | Superficie forestière (% du territoire) (%) |
|---|---|
| 1990 | 92,2 |
| 1991 | 92,2 |
| 1992 | 92,2 |
| 1993 | 92,1 |
| 1994 | 92,1 |
| 1995 | 92,1 |
| 1996 | 92,1 |
| 1997 | 92,0 |
| 1998 | 92,0 |
| 1999 | 92,0 |
| 2000 | 92,0 |
| 2001 | 92,0 |
| 2002 | 91,9 |
| 2003 | 91,9 |
| 2004 | 91,9 |
| 2005 | 91,9 |
| 2006 | 91,9 |
| 2007 | 91,8 |
| 2008 | 91,8 |
| 2009 | 91,8 |
| 2010 | 91,8 |
| 2011 | 91,7 |
| 2012 | 91,7 |
| 2013 | 91,6 |
| 2014 | 91,6 |
| 2015 | 91,6 |
| 2016 | 91,5 |
| 2017 | 91,5 |
| 2018 | 91,4 |
| 2019 | 91,4 |
| 2020 | 91,3 |
| 2021 | 91,3 |
| 2022 | 91,2 |
| 2023 | 91,2 |
Exportations : la transformation locale change la nomenclature
La part des matières premières agricoles dans les exportations de marchandises, qui comprend notamment les grumes et les sciages, atteignait 11,8 % en 2000. Elle est tombée à 3,6 % en 2010 et à 1,6 % en 2013, avant de remonter entre 4,8 % et 6,5 % de 2017 à 2021, puis de revenir à 3,9 % en 2023. Cet indicateur ne mesure pas toute l'activité de la filière : les produits du bois plus transformés, comme les placages et les contreplaqués, sont classés par la nomenclature du commerce international parmi les produits manufacturés et non parmi les matières premières. Avec l'obligation de transformer le bois sur place, il ne reflète donc qu'une partie des exportations du secteur.
Contraintes
- Logistique et demande. Le Macro Poverty Outlook d'avril 2026 de la Banque mondiale indique que des problèmes de transport, de main-d'œuvre et de demande ont pesé sur la filière bois en 2025.
- Exigences des marchés. Le règlement européen sur la déforestation impose aux opérateurs qui mettent du bois sur le marché de l'Union européenne une obligation de diligence raisonnable. Le Timber Trade Portal rappelle que la certification de gestion forestière FSC (Forest Stewardship Council) apporte une vérification complémentaire, sans remplacer cette obligation.
- Fiscalité. La Banque mondiale mentionne parmi les mesures envisagées une hausse des droits de sortie sur le bois destinée à soutenir les recettes fiscales.
Perspectives
La Banque mondiale prévoit une croissance moyenne de 3,3 % par an sur 2026 à 2028, et cite la demande mondiale de bois parmi les moteurs qui compenseraient le déclin structurel du pétrole. Pour la filière, les enjeux portent sur la montée en gamme de la transformation locale, la conformité aux exigences de traçabilité des marchés d'exportation et le maintien d'un couvert forestier supérieur à 90 % du territoire. Les séries de Gabon Eco sur le couvert forestier, les rentes et les exportations permettent de suivre ces évolutions dans le temps.